Journée internationale de ma sage-femme

Je sens que je suis en train de me faire avoir avec mon perfectionnisme qui me pousse à reporter la publication de la suite de mes retours sur le Mix-IT 2014, mais aujourd’hui c’est un jour spécial. Et je peux bien m’autoriser quelques notes de maman, après tout, puisque c’est mon blog (et que je suis maman).

Je vais encore vous raconter un peu ma vie. Historiquement, je ne m’entends pas du tout avec les gynécos.

Ma première gynéco était odieuse, et m’engueulait quand je n’arrivais pas à répondre au détail près, dans la seconde, à des questions de détail concernant ma vie sexuelle tout juste naissante.

Ma deuxième gynéco était gentille, rassurante et compétente. (Mais j’ai déménagé à 500 bornes de là. Hélas.)

Mon troisième gynéco était très gentil aussi. Mais il ne semblait connaître que la pilule. Il était plus inquiet de l’acné qui me poussait sur la figure que des migraines abominables que me refilait la pilule anti-boutons.

Du coup, j’ai arrêté les gynécos et je me suis débrouillée autrement pour ma contraception. (Généraliste et planning familial faisaient mieux le job !)

Et un peu plus tard, on a arrêté la contraception et je suis tombée enceinte.

J’ai réussi à me débrouiller pour le début du suivi de grossesse avec mon généraliste, mais au bout d’un moment il a quand même essayé de se débarrasser de moi. Il était quand même plutôt médecin du sport, pas trop médecin des baleines.

J’ai donc appelé une des gynéco de la clinique d’en face pour un suivi de grossesse… et je me suis fait envoyer chier d’une force ! Je n’avais pas consulté de gynéco pour la déclaration, c’était pas bien du tout. Je n’avais pas encore fait la prise de sang pour la trisomie 21, c’était mal. Mon généraliste n’y connaissait rien, il fallait en urgence que je prenne rendez-vous avec un de ses collègues gynéco (à elle) parce qu’elle, elle n’avait vraiment plus de place vous comprenez.

J’ai dit « oui, oui ». Et j’ai fait l’inverse de ce qu’elle m’a ordonné : j’ai couru pleurer chez mon généraliste.

(Je suis assez mauvaise patiente comme fille, surtout pour les médecins qui me font pleurer.)

Il m’a tapoté gentiment sur l’épaule, m’expliquant qu’il n’avait pas très envie que j’aille accoucher dans la clinique en face de chez moi, mais que ce n’était pas à lui de faire le choix de ma maternité. Il m’a parlé de l’hôpital et du suivi de la grossesse par les sages-femmes libérales.

Donc il m’a filé le numéro de la grosse maternité à côté de chez moi, et m’a suggéré de trouver une sage-femme si je n’avais pas envie d’aller à l’hôpital tous les mois (voire toutes les semaines).

C’est comme ça que j’ai fini par appeler « ma » sage-femme.

…Je n’ai rien compris la première fois que je l’ai appelée. Elle ne parlait pas très fort et elle avait l’air occupée à ranger un énorme bordel tout en prenant des notes sur mes disponibilités.

Elle s’est débrouillée pour me caser des rendez-vous hors de mes horaires de boulot (ou presque).

Elle a pris une heure entière pour nous expliquer tout le bordel administratif, anatomique et social que représentait la grossesse, à moi et à mon mec. (C’était « l’entretien prénatal du quatrième mois ».)

Elle a pris le temps de me laisser écouter le cœur de mon bébé, elle a fait mine de ne rien voir quand je me suis essuyé discrètement les yeux sous l’émotion.

Elle m’a donné des conseils de diététique mais ne m’a pas engueulée quand j’ai avoué, du haut de mon gros ventre de 6 mois, que j’avais complètement craqué sur le morbier fermier au lait cru pendant mes vacances dans le Jura. (Une TUERIE, ce morbier. Je veux retourner dans le Jura.)

Elle m’a appris des mots du sud (« cabochard ») et des dictons en alsacien pour ma culture générale et ma sagesse populaire.

On a parlé de sexe, de biberons et de caca dans la même consultation.

Elle m’a appris à pousser et à respirer, et m’a fait marcher à quatre pattes en imitant un éléphant. (Et après on a fait de la relaxation et je me suis endormie sur le tapis de gym. C’est fatigant, d’être enceinte.)

(Pendant l’accouchement, j’ai aussi croisé des sages-femmes. Mais je les aime moins, parce qu’elles m’ont fait des piqûres, elles.)

Après l’accouchement, elle est venue chez moi sur sa pause midi le lendemain du retour à la maison pour vérifier que je ne me vidais pas trop de mon sang et que ça se passait bien avec bébé.

Elle est revenue une semaine après parce que j’avais le moral au fond des chaussettes et que je pleurais plus que mon bébé. Elle a rassuré mon mec qui était un peu désemparé devant les montagnes russes que prenait mon humeur.

Elle est encore revenue une semaine après parce que finalement ça allait mieux, et d’ailleurs je voulais tirer mon lait. (I’m a mammal, bitch!)

Et après ça… elle m’a filé le numéro d’un gynéco, parce que, pour raisons médicales, j’avais besoin d’un médecin. Mais un gynéco supportable, elle a bien insisté dessus !

Voilà ! C’est la journée internationale des sages-femmes, alors le sujet me paraissait de circonstance. Si vous allez bien, vous n’avez pas besoin d’aller voir un médecin, et les sages-femmes sont justement là pour ça : pour les femmes qui vont bien, enceintes ou non.

(Note grammaticale : j’ai vérifié, on écrit « sages-femmes » au pluriel. Dans un nom composé, seuls les noms et les adjectifs prennent la marque du pluriel.)