Une histoire de CV

Le thème de la semaine pour #53BilletsEn2015 est « le top 5 de mes plus grandes qualités ». Je me sens moyennement inspirée. Chaque fois qu’on me demande « quelles sont vos plus grandes qualités ? », ou « citez-moi trois de vos défauts » je pense à cette blague :

Pendant un entretien de recrutement…

  • Quel est votre pire défaut ? demande le recruteur.
  • L’honnêteté, répond le candidat.
  • Ah ? Je ne pense pas que l’honnêteté soit un défaut, remarque le recruteur.
  • Je n’en ai rien à faire de ce que vous pensez, rétorque le candidat.

Voilà. Ça me fait rire.

Sinon, plus sérieusement, je suis plutôt contente d’avoir pu échapper à ce genre de questions les quelques fois où j’ai eu à passer des entretiens de recrutement. J’y ai réfléchi, j’ai travaillé sur le sujet à l’école… Mais maintenant, après avoir subi quelques entretiens dans la « vraie vie », j’en viens à croire que c’est une fable, qu’il n’existe aucun recruteur suffisamment idiot pour poser ce genre de question à un candidat. Ou du moins, qu’aucun ne va poser la question aussi frontalement.

Parce que sérieusement, qu’est-ce que je pourrais répondre de sincère à un recruteur qui me pose ce genre de questions ?

« Je suis très rigoureuse. »

OK ! C’est bien, mais qui irait se vanter de produire du travail de sagouin ? Ça ne va pas me différencier des autres candidats.

En vrai, si vous voulez savoir, en 2012, pour rire, j’ai reformulé « rigoureuse » de la manière suivante sur mon CV :

HTML et CSS : autodidacte, mention vile optimisatrice et évangéliste pointilleuse extrémiste. (Mais en vrai je suis gentille, hein…)

Tout le CV était truffé de trucs comme ça. J’avais aussi écrit « fraîche et pleine de vie », en haut, à la place de ma situation familiale… Sur une suggestion blagueuse d’un follower sur Twitter.

Or il se trouve que, cette année-là, j’ai démissionné un peu soudainement, et je me suis retrouvée à chercher du travail avec ce CV sans avoir eu le temps de le réécrire.

(Je voulais le faire « plus tard », « quand je serais sûre que j’allais partir »…)

Hé ben j’ai décroché quatre entretiens et deux CDI, avec ce CV ! Dans des entreprises qui cadraient parfaitement avec ce que je cherchais, qui plus est (à taille humaine et concentrées sur la qualité du code). À chaque fois, les blagues du CV ont permis de briser la glace, et ont attiré l’attention des recruteurs sur des points particuliers… qui m’arrangeaient bien ! Par exemple :

  • le NaNoWriMo (oui blabla défis, dépassement de soi, blabla rigueur, blablabla concentration),
  • ma polyvalence dev backend/frontend (blabla CSS découvert à 15 ans, veille personnelle quotidienne blabla, accessibilité, blabla performance),
  • le fait que j’aime bien expliquer et partager ce que je sais (blabla formations internes et externes blabla)…

Je me souviens encore de mon premier entretien de 2012. Mon interlocuteur regarde mon CV posé sur la table, puis me demande, un sourire en coin :

  • Et donc… vous avez des préférences pour le développement front, si j’ai bien compris ?
  • Oui. J’aime bien.
  • J’avais cru comprendre en lisant le CV, oui.

Voilà. Presque trois ans après, ça me fait encore sourire.

Bon, sinon, Agoaye, qui a lancé le projet #53BilletsEn2015, semble tenir vraiment à ce que nous nous pliions au jeu (pensée positive, tout ça). Je vais donc réfléchir à quelques-unes de mes qualités dans un billet à part. J’ai beaucoup plus d’idées de défauts, l’exercice est difficile !